Aéroport de Conakry
Ebola: des compagnies aériennes continuent à bouder l'aéroport de Conakry
Publié le 24/09/2014        Partager sur : facebook   twitter   google 
40% de baisse de trafic ont été enregistrés entre le mois de juillet et août, correspondant à un manque à gagner de près d'un demi-million de dollars, selon Amadou Mouctar Sow.

AA/ Conakry/ Oumar Mboh

Malgré l'installation de dispositifs destinés à prévenir la propagation d'Ebola, les compagnies aériennes continuent à bouder l'aéroport de Conakry, qui enregistre un manque à gagner de près d'un demi-million de dollars entre le mois de juillet et août, selon Amadou Mouctar Sow, directeur général de la sûreté et de la sécurité à l’aéroport international de Conakry Gbéssia, dans une interview accordée à Anadolu.

"Sur 12 compagnies, il n’y a plus que trois désormais, et encore en réduisant leur activité ! Air France, qui faisait onze vols par semaine, n'en fait aujourd'hui que sept. La compagnie belge SN est tombée de trois à deux. Il n'y a que la RAM qui a conservé la même fréquence de vols. Mais les autres compagnies comme ASKY [compagnie ouest-africaine], Emirates, Air Sénégal, Air Mauritanie, Air Côte d’Ivoire etc. elles ont carrément arrêté de venir !" se plaint Amadou Mouctar Sow.

Ce boycott, de facto, est parfois la résultante de décisions prises par les Etats dont relèvent les compagnies en question, notamment la fermeture des frontières. Une baisse de 40% de trafic aérien a été enregistrée, selon le responsable guinéen, occasionnant une baisse des recettes de l'aéroport de l'ordre de trois milliards et demi de francs guinéens (498,505 $).

Pourtant, les dispositions prises par la Société de gestion et d'exploitation de l'aéroport de Conakry (SOGEAC) depuis le mois d'avril pour limiter les risques de contamination à l’aéroport de Conakry attestent d'une certaine "efficacité", selon Mouctar Sow qui assure qu'"il n’y a pas eu un seul vol qui a transporté un malade d’Ebola".

"On prévoit obligatoirement pour les passagers des dispositifs pour le lavage des mains avec de l’eau mélangée au chlore à un certain pourcentage mesuré par nos agents de santé. Vient après le contrôle sanitaire avec, notamment, la prise de température." détaille Sow "Ce contrôle s’effectue à trois niveaux. Au premier contrôle, il s’agit du thermo flash ; au 2ème, il s'effectue avec la caméra thermique, le dernier contrôle, s'effectue après l'enregistrement et avant l'embarquement."

Des dispositions sont toutefois prévues dans l'hyupothèse de déclaration de cas suspects. Ainsi en est-il d'une ambulance stationnant en permanence devant l'aéroport, d'une équipe médicale spécialisée présente, et d'une salle d'isolement.

"L'ambulance permettra des évacuations vers des centres spécialisés en cas de déclaration de cas suspect. S'il s'agit, plutôt, d'un cas probable, une ambulance spécialisée de MSF, viendra de l'Hôpital de Donka (Conakry) le transporter. Et en attendant que cette ambulance soit là, le malade sera dans notre salle d’isolement"

Par ailleurs, les services de l'aéroport travaillent étroitement avec le ministère de la santé guinéen, notamment pour la dimension logistique de ces dispositions. Tous les jeudis, des réunions mixtes présidées par le ministre de la santé se proposent de corriger et d'améliorer les dispositions sanitaires et sécuritaires.

A ces rendez-vous hebdomadaires, prennent part "tous les intervenants de l’aéroport (..) de la police à la douane et la gendarmerie, en passant par le personnel des compagnies aériennes" selon le premier responsable de la sûreté et de la sécurité à l'aéroport international de Conakry Gbéssia.

Jeudi, le Conseil de sécurité des Nations unies a désapprouvé, dans une résolution unanime destinée à une mobilisation contre Ebola en Afrique de l'Ouest, la décision de certaines compagnies aériennes de ne plus desservir des pays touchés, de certains Etats à fermer leurs frontières. Selon ce texte, ces restrictions «isolent encore davantage les pays touchés et entravent leurs efforts pour répondre à l'épidémie». Un dernier bilan d' Ebola publié le même jour par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a établi que laGuinée a enregistré 601 morts sur 942 cas depuis le déclenchement de l'épidémie en février dernier.
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